Guerre en Iran : pourquoi les profits de TotalEnergies explosent

Hausse des prix du carburant
Image d'illustration. Hausse des prix du carburant — ADN

Porté par la flambée du pétrole et du gaz, TotalEnergies a dégagé environ 10,3 milliards d’euros au premier semestre 2026. Ce que ça recouvre.

En bref

  • TotalEnergies publie un semestre record en 2026
  • La guerre a dopé pétrole, gaz et carburants
  • Le débat sur les superprofits repart

TotalEnergies a publié jeudi 23 juillet un bénéfice net semestriel de 10,3 milliards d’euros (11,2 milliards de dollars), en hausse de 72 % sur un an. C’est plus que les 9,7 milliards d’euros (10,6 milliards de dollars) revendiqués en 2022, l’année du déclenchement de la guerre en Ukraine.

Au deuxième trimestre, le groupe affiche encore 5,0 milliards d’euros (5,4 milliards de dollars) de bénéfice net, contre 2,5 milliards d’euros (2,7 milliards de dollars) un an plus tôt. Son résultat net ajusté atteint même 5,5 milliards d’euros (6 milliards de dollars). Dans sa communication financière, l’entreprise explique profiter d’un environnement de prix élevé lié au conflit au Moyen-Orient, grâce à son modèle intégré et à sa diversification.

Un semestre hors norme pour le groupe

Le mouvement ne date pas d’hier. Au premier trimestre, TotalEnergies avait déjà publié un bénéfice net de 5,0 milliards d’euros (5,8 milliards de dollars), en hausse de 51 % sur un an. Cette progression s’appuyait sur l’envolée des cours du pétrole et du gaz, mais aussi sur les activités de négoce du groupe dans le sillage du début de la guerre entre les États-Unis et l’Iran.

Résultat, les appels à taxer les superprofits reviennent. Et cette fois, les montants donnent du poids au débat.

Le conflit a tiré les prix de l’énergie vers le haut

En France, la crise se voit d’abord à la pompe. Le litre de gazole monte à 2,146 euros, le SP 98 à 2,096 euros, le SP 95 à 2,051 euros et le E10 à 2,019 euros. Le blocage du détroit d’Ormuz, après la guerre entre l’Iran et les États-Unis, a tendu toute la chaîne énergétique.

C’est le point central. Quand les cours grimpent aussi vite, un groupe très exposé au pétrole et au gaz voit mécaniquement ses revenus s’élever.

Production perturbée, mais activité encore rentable

Tout n’a pas été simple pour autant. TotalEnergies dit avoir subi au deuxième trimestre des pertes de production au Moyen-Orient de l’ordre de 210 000 barils équivalent pétrole par jour en moyenne. Une partie de cette production n’a pas non plus pu être enlevée, à cause des difficultés d’accès au détroit d’Ormuz.

Mais le groupe a compensé en partie avec la montée en puissance de projets lancés depuis un an au Brésil, en Libye et aux États-Unis. Sa production de pétrole et de gaz progresse ainsi de plus de 4 % sur un an. Sa branche exploration-production, la plus rentable, affiche un résultat opérationnel net ajusté de 2,9 milliards d’euros (3,2 milliards de dollars).

Le retour du débat sur les superprofits

Côté gouvernement, Maud Bregeon, porte-parole et ministre déléguée à l’Énergie, a répété qu’elle refusait « toujours de rentrer dans le « Total bashing » ». Elle juge qu’avoir en France un énergéticien mondial est un atout pour l’approvisionnement et pour contenir les prix, en référence au plafonnement relancé mercredi dans les stations du groupe.

À l’inverse, plusieurs ONG, dont Greenpeace France, Oxfam France et le Réseau Action Climat, dénoncent des profits « particulièrement indécents » au moment où la France traverse des canicules successives. Le sujet ne s’arrête donc pas aux résultats financiers. Il repart aussi sur le terrain politique.

Benjamin

Spécialiste Économie

Tous ses articles →
Une erreur dans cet article ?

Nous apportons le plus grand soin à chaque article et nous appuyons sur des sources fiables. Personne n'est à l'abri d'une erreur : si vous en repérez une, signalez-la, nous la corrigerons au plus vite.

Sujets
Carburant Total

Lisez Directs.fr en priorité sur Google

Ajoutez-nous à vos sources préférées : nos articles remonteront plus haut dans votre actualité.

Ajouter à mes sources