Intervention militaire jugée ‘très crédible’ suite au putsch au Niger
Selon Catherine Colonna, la ministre des Affaires Étrangères, il est fort probable qu'une action militaire au Niger soit envisagée, celle-ci étant dépeinte comme une dernière option.
Probabilité d’une intervention militaire au Niger
La situation au Niger suscite une vive inquiétude à l’échelle internationale. En effet, les putschistes qui ont pris le pouvoir au Niger subissent une pression croissante de la communauté internationale. L’échéance fixée par le bloc ouest-africain (Cedeao) est pour demain, le 6 août 2023. Ce dernier a clairement fait savoir qu’il est prêt à intervenir militairement si nécessaire. Le ministère français des Affaires étrangères soutient fermement les efforts de la Cedeao pour empêcher la réussite du coup d’État. Il affirme que « l’avenir du Niger et la stabilité de toute la région » sont en jeu.
Les armées ouest-africaines se préparent à intervenir
Le vendredi, les chefs d’état-major de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest ont dessiné les contours d’une « éventuelle intervention militaire » contre la junte nigérienne. Le commissaire en charge des Affaires politiques et de la Sécurité, Abdel-Fatau Musah, a déclaré à la fin de la réunion à Abuja que « tous les éléments d’une éventuelle intervention ont été élaborés lors de cette réunion, y compris les ressources nécessaires, mais aussi la manière et le moment où nous allons déployer la force ».
Plusieurs armées ouest-africaines, y compris le Sénégal et la Côte d’Ivoire, sont prêtes à envoyer des soldats. La décision finale d’intervenir reste entre les mains des dirigeants politiques.
Une menace d’intervention à prendre au sérieux
Catherine Colonna, la ministre française des Affaires étrangères, a déclaré sur France Info que la menace d’une intervention de la Cedeao devait être prise « très au sérieux ». Elle a également indiqué que les putschistes avaient jusqu’à dimanche pour abandonner leur « aventurisme » et restaurer la démocratie au Niger.
En revanche, certains pays ouest-africains tels que le Mali et le Burkina, dirigés par des militaires putschistes et suspendus des instances de la Cedeao, ont prévenu qu’ils seraient solidaires du Niger et que toute intervention militaire serait considérée comme une déclaration de guerre.
Appels à la désescalade et vigilance citoyenne
Malgré la tension, la diplomatie reste privilégiée en premier lieu, comme l’affirme Musah, soutenu par le Bénin, pays voisin du Niger et membre de la Cedeao. De même, plusieurs chancelleries occidentales, dont l’Allemagne, ont appelé à poursuivre les efforts de médiation.
À Niamey, la capitale du Niger, plusieurs manifestations de soutien aux putschistes ont eu lieu ces derniers jours. En revanche, beaucoup d’habitants de la capitale appellent à la désescalade pour éviter une « catastrophe ». Des « brigades de veille » citoyennes ont été mises en place pour « surveiller la menace extérieure ».
La situation demeure incertaine et la communauté internationale reste en alerte, attentive à l’évolution des événements au Niger.
