Kodak : le géant de la photographie menacé par la faillite

Image d'illustration. Appareil photo vintage sur une table en boisADN
Kodak, autrefois leader mondial de la photographie, traverse aujourd’hui une crise sans précédent. Confrontée à des difficultés financières majeures et à la révolution du numérique, l’entreprise historique lutte pour assurer sa survie.
Tl;dr
- Kodak pourrait manquer de liquidités pour rembourser ses dettes.
- L’entreprise envisage d’arrêter ses cotisations retraite.
- Chute de l’action après des annonces inquiétantes.
Une icône fragilisée : Kodak face à la tempête financière
Après plus d’un siècle d’existence, l’avenir de Eastman Kodak paraît plus incertain que jamais. L’entreprise, jadis reine de la photographie, se trouve aujourd’hui confrontée à un sérieux problème de liquidités.
Un rapport remis aux autorités boursières révèle l’ampleur des difficultés : la société ne disposerait ni de financements engagés, ni de suffisamment de liquidités disponibles pour honorer environ 500 millions de dollars de dettes à court terme. « Ces conditions suscitent un doute important quant à la capacité de l’entreprise à poursuivre son exploitation », pointe sans détour ce même document, relayé par CNN.
Des mesures drastiques envisagées
Face à cette situation tendue, la direction réfléchit à des solutions qui pourraient bouleverser le quotidien de ses employés. Parmi les pistes évoquées figure la suspension des cotisations au régime de retraite – une décision qui, si elle se concrétise, toucherait directement le personnel historique.
En revanche, le groupe tente de rassurer en précisant que les droits de douane n’impacteraient guère ses activités principales, puisque la majorité des productions – qu’il s’agisse d’appareils photos ou encore d’encres et pellicules – est basée aux États-Unis.
Un PDG combatif mais un marché ébranlé
Devant cette tourmente, le discours du PDG Jim Continenza se veut résolument confiant : « Au deuxième trimestre, Kodak a continué de progresser par rapport à notre plan à long terme malgré les défis d’un environnement commercial incertain », affirme-t-il.
Un porte-parole précise que la société pense pouvoir rembourser « une partie importante du prêt à terme bien avant son échéance », tout en cherchant activement à prolonger ou refinancer la dette restante. Pourtant, la réaction des marchés a été immédiate : le titre KODK a plongé brutalement mardi matin, cédant plus d’un quart de sa valeur.
Kodak, entre passé glorieux et relance contrariée
Impossible d’évoquer Kodak sans rappeler son destin singulier. Fondée en 1892 sur l’impulsion visionnaire de George Eastman – inventeur dès 1879 –, elle aura profondément marqué l’histoire avec un appareil photo accessible dès 1888 et ce slogan gravé dans toutes les mémoires : « Appuyez sur le bouton, nous nous occupons du reste. » L’invention paradoxale par ses propres équipes du premier appareil photo numérique en 1975 aurait pu assurer sa pérennité ; elle signe pourtant le début d’un déclin inexorable. La faillite retentissante de 2012 – 100 000 créanciers, près de 7 milliards de dettes – en témoigne crûment.
Dans une ultime tentative pour rebondir, l’État américain avait sollicité en 2020 l’expertise industrielle du groupe pour produire des ingrédients pharmaceutiques. Ce sursaut s’est traduit par une flambée momentanée du cours en Bourse. Aujourd’hui cependant, malgré quelques activités diversifiées (films cinématographiques, produits chimiques et licences grand public), Kodak, ce géant autrefois indétrônable, reste suspendu à sa capacité… ou non à réinventer son avenir.
