Légère hausse de la croissance française malgré les restrictions sanitaires

Cependant, le PIB se situe à un niveau inférieur de 4,4% de son niveau de la fin de l'année 2019, quelques semaines avant le début de la crise sanitaire dans le pays.

Au premier trimestre 2021, le produit intérieur brut (PIB) français a légèrement rebondi, avec une croissance de 0,4% par rapport au trimestre précédent, si l’on en croit une première estimation publiée vendredi 30 avril par l’Insee. Le pays s’inscrit donc dans un sens inverse de celui des autres grandes économies européennes, à l’instar de l’Allemagne (-1,7%), l’Espagne (-0,5%) et l’Italie (-0,4%). En moyenne, la zone euro se tend de 0,6%.

Un rebond « limité »

Comment expliquer cette tendance ? L’évolution différente de la crise sanitaire d’abord, les autres pays cités ayant moins souffert que l’Hexagone en fin d’année 2020, avant de devoir prendre des mesures plus restrictives au début 2021. Mais l’Insee pointe un rebond français « limité », car restant de 4,4% sous son niveau de la fin 2019. Julien Pouget, chef du département conjoncture de l’Insee, résume : « C’est un trimestre qui reste très marqué par les restrictions sanitaires, qui se sont durcies au fil des mois ».

La « bonne surprise »

La « très bonne surprise » est à porter au crédit de l’investissement des entreprises, lequel a augmenté en début d’année, souligne Selin Ozyurt qui est économiste chez Euler Hermes. Elle précise à l’AFP que « Grâce notamment aux aides de l’Etat, les entreprises ont pu renforcer leur trésorerie et cela permettra de soutenir le rebond de l’économie dans les prochains mois ». Elle ajoute, en évoquant la production, que l’activité est surtout tirée par la construction (+4,2%), alors que la production de biens reprend une tendance baissière : « Le début d’année a été très perturbé, avec des problèmes de fret maritime, les pénuries de matières premières et de semi-conducteurs dans l’automobile ».

Un « point noir »

La production totale (services, industrie, construction) n’est quant à elle pas loin de son niveau d’avant crise sanitaire, avec un écart de -4,3%. Mais le « point noir » du premier trimestre, selon l’économiste Emmanuel Jessua, est la forte baisse des exportations, désavantagées par les remous de l’industrie et du Brexit. Quoi qu’il en soit, le calendrier du déconfinement annoncé hier permet de croire en une accélération de la reprise économique. Pour Selin Ozyurt, « La confiance des ménages est là, il y a une épargne élevée, les entreprises sont assises sur d’importantes liquidités, donc si le gouvernement arrive à vacciner rapidement, nous pourrons voir un très fort rebond ».