Les restrictions sanitaires valent à la France d’être qualifiée de « démocratie défaillante » par The Economist
L’unité de recherche de l’hebdomadaire britannique pointe que les libertés démocratiques ont reflué dans une grande majorité des pays du monde.
L’hebdomadaire The Economist a dévoilé les résultats de son étude annuelle sur l’indice de démocratie à travers le monde. Selon son unité de recherche, les restrictions liées à la lutte contre la pandémie de Covid-19 ont fait reculer les libertés démocratiques de 70% des pays en 2020. « La pandémie de coronavirus a provoqué un énorme recul des libertés démocratiques, conduisant le score moyen de l’indice à son plus bas niveau historique », concluent les auteurs de l’étude.
Un phénomène mondial
Certes, le phénomène est observé à l’échelle du globe. Et s’il est plus particulièrement marqué au sein des régimes autocratiques d’Afrique ou du Moyen-Orient, la « suppression des libertés individuelles dans les démocraties avancées a été le fait le plus marquant de 2020 ». Joan Hoey, en charge de l’étude, analyse : « L’abandon volontaire de libertés fondamentales par des millions de gens a été peut-être une des occurrences les plus remarquables de cette extraordinaire année […] mais nous ne pouvons pas conclure que le haut niveau d’acceptation des mesures de confinement signifie que les gens dévalorisent la liberté ». Et il ajoute : « Ils ont simplement jugé […] qu’éviter des décès catastrophiques justifiait une perte de liberté temporaire ».
France : 24e sur 167 pays
Avec un indice de démocratie de 7,99 (8,12 en 2019), la France entre dans la catégorie des « démocraties défaillantes ». Dans l’étude, les chercheurs estiment que la France perd des points à cause des « restrictions de la liberté de déplacement » par le biais de « plusieurs confinements et des couvre-feux nationaux ». A noter que la France était tout près de rester dans le groupe des « démocraties à part entière », au-dessus de 8, et dans lequel la Norvège se classe première (9,81). Avec un résultat de 5,37 à l’échelle du globe, il s’agit de « la pire moyenne mondiale depuis la création de l’indice en 2006 ». L’indice est calculé (note de 0 à 10) selon 60 critères, lesquels sont regroupés en cinq catégories : processus électoral et pluralisme, libertés civiques, fonctionnement du gouvernement, participation politique et enfin culture politique.
Just 23 out of 167 countries attained “full democracy” classification in @TheEIU's latest Democracy Index https://t.co/mdPn5GC010 pic.twitter.com/fz5xe4Cszu
— The Economist (@TheEconomist) February 3, 2021
