L’Union européenne alerte Monaco sur ses failles dans la lutte contre le blanchiment d’argent

Image d'illustration. Vue panoramique de l horizon de montecarlo au coucher du soleilADN
La Commission européenne a récemment attiré l’attention sur Monaco, soulignant des préoccupations persistantes concernant la lutte contre le blanchiment d’argent dans la principauté, alors que celle-ci tente d’aligner sa législation sur les standards européens en matière de transparence financière.
Tl;dr
- Monaco rejoint la liste UE des pays à haut risque.
- Bruxelles s’aligne sur la « liste grise » du Gafi.
- Monaco promet de renforcer sa lutte contre le blanchiment.
Monaco dans le viseur de l’Union européenne
À peine quelques mois après son inscription sur la « liste grise » du Groupe d’action financière (Gafi), la principauté de Monaco se retrouve désormais cataloguée parmi les juridictions à « haut risque » par la Commission européenne.
Mardi, l’exécutif bruxellois a effectivement décidé d’ajouter ce micro-État à sa liste noire des territoires jugés insuffisamment engagés contre le blanchiment d’argent. Cette mesure, attendue mais redoutée, vient confirmer l’alignement entre les autorités européennes et les instances internationales en matière de contrôle financier.
L’Europe resserre sa surveillance financière
Le mouvement n’est pas isolé. Avec cette révision, la Commission élargit sa liste : aux côtés de Monaco figurent dorénavant des pays comme l’Algérie, le Kenya, ou encore le Venezuela.
Parallèlement, certains États voient leur nom disparaître grâce aux progrès réalisés. Ainsi, les Émirats arabes unis, la Jamaïque, ou encore le Sénégal, sortent de cette surveillance accrue, signe que des efforts tangibles peuvent payer.
L’engagement réaffirmé de Monaco
Du côté du gouvernement monégasque, la réaction ne s’est pas fait attendre. Dans une déclaration officielle, il affirme avoir « pris acte de cette mise à jour attendue qui conduirait au placement de Monaco sur la liste de l’Union européenne », tout en précisant qu’une contestation demeure possible au sein du Parlement européen ou du Conseil de l’UE dans un délai maximum de deux mois.
Surtout, la Principauté réaffirme avec insistance sa « détermination à mettre en place des mesures pour sortir de la liste grise du Gafi ».
La critique du Gafi portait notamment sur plusieurs points :
- L’insuffisance des actions contre la fraude fiscale internationale ;
- L’application jugée trop faible des sanctions pénales ;
- L’absence d’efficacité dans la saisie des avoirs criminels à l’étranger.
L’enjeu européen : garantir l’intégrité financière
Pour Bruxelles, cet outil reste capital afin d’éviter toute dérive au sein du système financier continental. Comme l’a rappelé Maria Luís Albuquerque, commissaire européenne chargée des services financiers : « L’identification et la liste des juridictions à haut risque demeurent un outil essentiel pour préserver l’intégrité du système financier de l’UE ».
Difficile alors pour Monaco d’échapper aux projecteurs : entre pression internationale et promesse d’efforts accrus, le chemin vers une réputation assainie s’annonce exigeant.
