Arnaud Montebourg alerte sur les risques que font peser les prêts garantis par l’État sur la santé financière des entreprises françaises. L’ancien ministre met en cause leur impact, estimant qu’ils pourraient aggraver les difficultés des sociétés déjà fragilisées.
- PGE : Montebourg dénonce une « machine à tuer »
- Remboursement difficile pour de nombreuses entreprises
- Il appelle à réformer l’aide et soutenir les PME
Des PGE au banc des accusés
L’audition d’Arnaud Montebourg, ancien ministre de l’Économie, devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale, n’est pas passée inaperçue.
Très critique, il s’est emparé du sujet brûlant des prêts garantis par l’État (PGE). Ces dispositifs, mis en place en urgence entre 2020 et 2022 pour soutenir les entreprises frappées par la crise sanitaire, sont aujourd’hui sous le feu des projecteurs : « Les PGE sont devenus une machine à tuer les entreprises », a-t-il martelé devant les députés.
Des chiffres préoccupants et un modèle remis en cause
Derrière cette formule choc, quelques données donnent la mesure du problème. La banque publique Bpifrance, qui pilote la gestion des PGE, révèle qu’il reste environ quarante milliards d’euros à rembourser. L’organisme s’attend à quelque 3 % de défauts de paiement – un taux qui, au vu des montants en jeu, fait frémir plus d’un chef d’entreprise.
Pour Arnaud Montebourg, le cœur du problème réside dans le mécanisme même du remboursement. « L’État fait aujourd’hui du recouvrement via les banques. En cinq ans, nombre d’entreprises ne peuvent tout simplement pas rembourser. » Il précise que seules celles qui disposaient déjà de trésorerie sont capables de tenir ; toutes les autres courent droit vers le tribunal de commerce.
L’appel à repenser l’accompagnement public
Face à ces constats alarmants, l’ancien ministre pointe la nécessité d’une réforme profonde : « L’État doit changer sa méthode de travail » et accompagner davantage en fonds propres. » Une idée revient avec insistance : instaurer un véritable fonds départemental dédié au soutien des PME.
D’ailleurs, il confie avoir sollicité le ministre de l’Économie Éric Lombard pour allonger le délai de remboursement des PGE à dix ans – mais se heurte, selon lui, à une lourde « bureaucratie ».
Des solutions qui peinent à émerger
Si un accord permet désormais aux entreprises en difficulté de rééchelonner leur dette jusqu’à fin 2026, la réalité demeure complexe. L’ancien ministre s’interroge aussi sur l’utilisation des deniers publics : « Si les dizaines de milliards d’euros consacrés au bouclier énergétique avaient été investis autrement… La France serait bien plus riche aujourd’hui. »
Le débat est lancé : entre volonté politique, inertie administrative et attentes des entrepreneurs, la gestion post-crise sanitaire soulève plus que jamais la question cruciale du soutien public efficace aux entreprises françaises.