Narges Mohammadi, militante iranienne emprisonnée, décroche le Nobel de la Paix

La journaliste et militante de 51 ans est honorée pour son engagement à combattre l'oppression des femmes en Iran et à promouvoir les droits de l'homme.

  • La militante iranienne des droits humains, Narges Mohammadi, a reçu le Nobel de la paix.
  • Mohammadi est reconnue pour son combat contre l’oppression des femmes en Iran.
  • Elle a été condamnée et emprisonnée pour son engagement contre le voile obligatoire et la peine de mort.
  • Mohammadi a également joué un rôle clé dans un mouvement de contestation contre le strict code vestimentaire islamique.
  • Narges Mohammadi : un prix Nobel pour la liberté

    Le combat pour les droits de l’homme a une nouvelle héroïne : Narges Mohammadi. Cette militante iranienne de 51 ans, également journaliste, a été récompensée par le Nobel de la paix pour son courage inébranlable dans la lutte contre l’oppression des femmes en Iran.

    Un combat de longue haleine

    Mohammadi est vice-présidente du Centre des défenseurs des droits de l’Homme, fondé par une autre lauréate du Nobel, Shirin Ebadi. Son engagement sans faille contre le voile obligatoire pour les femmes et la peine de mort lui a valu de nombreuses condamnations et emprisonnements au cours des 25 dernières années. « Le mouvement a accéléré le processus de démocratie, de liberté et d’égalité », a-t-elle écrit à l’AFP depuis sa cellule.

    Un symbole de révolte

    Son prix arrive après une année de contestation en Iran, déclenchée par le décès tragique de Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans arrêtée à Téhéran pour non-respect du code vestimentaire islamique. En souvenir de Mahsa, Mohammadi et trois autres codétenues ont brûlé leur voile dans la cour de la prison d’Evin à Téhéran. Un acte de rébellion qui a résonné comme un appel à l’émancipation des femmes iraniennes.

    Une reconnaissance internationale

    Le prix Nobel de Mohammadi salue non seulement son courage personnel, mais aussi celui des centaines de milliers de personnes qui se sont élevées contre les politiques discriminatoires des régimes théocratiques. Mme Reiss-Andersen, présidente du comité Nobel norvégien, a exprimé son espoir de voir les autorités iraniennes libérer Mohammadi.

    En accordant ce prix à Mohammadi, le comité Nobel honore une fois de plus la lutte pour la liberté et l’égalité, déjà représentée par Shirin Ebadi, qui avait reçu son Nobel sans porter de hijab en 2003. Cette distinction, symbole de reconnaissance internationale, rend hommage à la résistance de ces femmes qui, malgré l’oppression, continuent de se battre pour leurs droits.