La popularité croissante des paris sportifs en France s’accompagne d’une présence accrue sur les réseaux sociaux, d’importantes campagnes publicitaires et du recours à des influenceurs, des stratégies qui ciblent particulièrement les jeunes et suscitent l’inquiétude.
- Publicité agressive des paris ciblant les jeunes populaires.
- Plus de 80 % des contenus non conformes aux règles ANJ.
- Addictions France réclame une régulation renforcée.
Une pression publicitaire ciblée et sans précédent
L’année 2024, marquée par l’Euro de football et les Jeux olympiques de Paris, a vu les opérateurs de paris sportifs en ligne investir une somme record : pas moins de 670 millions d’euros ont été dépensés en publicité. Ce déferlement promotionnel, particulièrement ressenti sur les réseaux sociaux comme TikTok, Instagram, ou encore Snapchat, vise avant tout les jeunes issus des milieux populaires.
Selon le rapport publié par l’association Addictions France, mardi 16 septembre 2025, cette offensive s’appuie notamment sur la complicité d’influenceurs présents sur ces plateformes.
Des stratégies marketing pointées du doigt
Les méthodes employées par les principaux acteurs du secteur – tels que Parions Sport, Winamax, ou encore Betclic – s’avèrent redoutables d’efficacité. Notifications incessantes, « offres promotionnelles alléchantes », multiplication des contenus sponsorisés : tout est pensé pour attirer et fidéliser de nouveaux joueurs, en particulier chez les jeunes hommes.
L’association note d’ailleurs que « 20 % des garçons de 17 ans ont parié dans l’année, contre seulement 2,7 % des filles ». Les ressorts psychologiques sont multiples : promesse d’enrichissement rapide, valorisation sociale du risque… Autant d’arguments qui pèsent sur un public souvent vulnérable.
L’encadrement en question : un régulateur débordé
Face à cette avalanche promotionnelle, le rôle du régulateur – l’Autorité nationale des jeux (ANJ) – paraît bien limité. D’après Addictions France, plus de 80 % des contenus diffusés par les influenceurs ne respectent pas la réglementation sanitaire relative à la prévention du risque d’addiction.
Près de la moitié des publications sponsorisées n’appliquent pas non plus les recommandations officielles. Si l’ANJ a déjà interdit une campagne jugée excessive – celle de Winamax, baptisée « Tout pour la daronne », qui glorifiait la réussite sociale via le jeu –, ses moyens restent jugés « dérisoires » par l’association.
L’appel pressant d’Addictions France à réguler davantage
Après deux ans d’enquête minutieuse sur près de trois mille publications en ligne, Addictions France tire la sonnette d’alarme : il devient urgent de muscler l’encadrement autour du marketing des jeux d’argent. L’association réclame :
- L’interdiction des stratégies valorisant le pari comme ascenseur social.
- Un contrôle strict des contenus publicitaires destinés aux jeunes.
- L’octroi de ressources suffisantes au régulateur pour agir efficacement.
Car derrière chaque slogan du type « Grosse cotes, gros gains, gros respect », c’est tout un imaginaire dangereux qui s’installe durablement auprès d’une génération surexposée à ces messages séduisants.