Au cours des dernières années, on observe une libération de la parole. En effet, de nombreuses femmes témoignent avoir été droguées sans leur consentement, à l'instar de Sandrine Josso, une députée.
Tl;dr
- Les cas de soumission chimique augmentent, aidés par la libération de la parole.
- En 2021, l’ANSM a enregistré 82 victimes de soumissions chimiques.
- Nombreuses victimes ne portent pas plainte par peur de manquer de légitimité.
- Les agressions se produisent souvent dans des environnements familiers par des connaissances.
La soumission chimique : un fléau persistant
Au cœur du débat public depuis l’affaire du sénateur Joël Guerriau, la question de la soumission chimique, cette intoxication à l’insu d’une personne, suscite une inquiétude croissante. Malgré une prévention accrue, les cas de femmes droguées, à l’image de la députée Sandrine Josso, sont toujours aussi fréquents. Pourquoi cette pratique persiste-t-elle ?
La libération de la parole, une avancée nécessaire mais insuffisante
Selon Leïla Chaouachi, pharmacienne et experte nationale de l’enquête sur la soumission chimique diligentée par l’ANSM, l’augmentation apparente des cas s’explique en partie par une libération de la parole. Cela favorise une meilleure compréhension des modes opératoires des agresseurs. Néanmoins, « on n’a jamais réussi à éradiquer les intentions criminelles », admet-elle.
Un nombre préoccupant de victimes
L’ANSM a enregistré en 2021 pas moins de 82 victimes de soumissions chimiques, principalement des femmes. Malgré ces chiffres choquants, de nombreuses victimes, comme Camille, étudiante en master à Rouen, ne portent pas plainte. « Je ne me sentais pas assez victime, j’avais l’impression de manquer de légitimité car il ne m’était rien arrivé de grave ensuite », confie-t-elle.
Des agressions souvent commises par des connaissances
Un autre fait alarmant est que ces actes ne sont pas toujours perpétrés par des inconnus. Camille soupçonne un camarade de classe de son ami d’être l’auteur de son empoisonnement. « C’est ça qui est terrible : me dire que j’ai été droguée par quelqu’un que je connaissais », déplore-t-elle. Leïla Chaouachi confirme cette tendance : « Dans la plupart des cas, la victime connaît l’agresseur ».
Face à cette situation, il est essentiel de renforcer la prévention et d’encourager les victimes à porter plainte. Comme le souligne l’experte, « C’est une dynamique globale qu’il faut adopter pour que la responsabilité arrête d’incomber aux victimes ».