Quels risques de ne pas activer le mode avion sur son téléphone en vol?
Est-ce un réel risque ou juste une mesure de précaution? Tout le monde ne lui attribue pas la même valeur, néanmoins, le mode avion est crucial pendant le vol pour prévenir les incidents.
Mode avion : un impératif de sécurité ou une simple recommandation ?
La question est souvent posée, et suscite bien des inquiétudes parmi les voyageurs. Qu’advient-il si je ne bascule pas mon téléphone en mode avion pendant un vol ?
Tandis que certains respectent scrupuleusement les consignes et ont fait de cette pratique une habitude, d’autres la considèrent comme négligeable.
Débat houleux à bord. Ce dimanche 23 juillet 2023, en plein vol Nantes-Héraklion, Manon s’écrie : « Oh, j’ai reçu un message ». Charlotte, son amie et voisine de siège, rétorque : « Comment ça, tu as reçu un message ? Tu n’es pas en mode avion ? C’est extrêmement dangereux ! »
Alors, menace réelle ou simple mesure de précaution ? directs.fr a enquêté.
Quel est l’objectif du mode avion ?
Si le mode avion existe, ce n’est pas sans motif. Interrogé par directs.fr, Adrien Dubreuil, pilote d’avion d’affaires, explique que ce mode « permet d’éviter les interférences avec les ondes émises par les appareils de l’avion ».
Il ajoute : « Nous utilisons des ondes électromagnétiques pour les communications radio et surtout pour les instruments de navigation. Les ondes des téléphones peuvent créer des interférences, ce qui altère les informations reçues par l’avion. »
En simplifiant, l’avion envoie des ondes vers le sol qui « rebondissent » et reviennent vers l’avion. Le temps mis par l’onde pour revenir à l’avion permet de déterminer l’altitude et la vitesse. Il en va de même pour la distance et la position avec les instruments de navigation au sol.
Quand est-il crucial d’activer le mode avion ?
Le mode avion est certes important, mais il l’est d’autant plus à certaines phases du vol. « En vol au-dessus de 10 000 pieds, les téléphones ne captent presque plus, donc le risque est moindre », note Adrien Dubreuil.
Cependant, lors des décollages et atterrissages, les données doivent être les plus précises possibles.
Lors des atterrissages automatiques (c’est-à-dire que l’avion fait tout lui-même), les instruments doivent être précis au centimètre près. À ce moment-là, il faut redoubler de vigilance.
Adrien DubreuilPilote d’avion d’affaires
Généralement, c’est à ces moments cruciaux que l’équipage demande de désactiver tous les appareils électroniques.
Quels sont les dangers potentiels ?
« La plupart du temps, cela ne pose pas de problème », rassure le pilote. Cependant, il n’existe aucun risque zéro et les conséquences peuvent, en effet, être désastreuses.
« Si cela se produit, cela peut provoquer un crash. C’est pour cela que nous insistons sur l’importance du mode avion », affirme-t-il.
Cela est particulièrement vrai lors des phases d’atterrissage ou de décollage. « Pendant les approches de précision, l’avion reçoit des ondes d’un instrument au sol qui lui permet d’arriver jusqu’à la piste avec une grande précision, même sans visibilité extérieure. Si des interférences surviennent à ce moment-là, l’avion peut recevoir de fausses informations et être guidé au mauvais endroit, se retrouvant ainsi hors piste. »
Sur les approches les plus précises, les pilotes ne voient la piste que trois secondes avant de toucher le sol donc c’est vraiment important d’être guidé au bon endroit.
Adrien DubreuilPilote d’avion d’affaires
Ne vous inquiétez pas, les chances d’interférences sont minces car les fréquences utilisées ne sont pas les mêmes. Cependant, par mesure de précaution et pour ne prendre aucun risque : n’oubliez pas d’activer votre mode avion !
