L’Insee relève le revenu médian à 2 228 euros par mois. Un repère clé pour lire l’évolution des retraites, des aides et des inégalités.
En bref
- Le revenu médian atteint 2 228 euros mensuels
- Retraites et salaires ont porté la hausse
- Les inégalités restent à un niveau record
Le nouveau chiffre publié par l’Insee donne un repère simple, 2 228 euros par mois pour une personne seule en France métropolitaine. Dit autrement, la moitié de la population vit avec moins, l’autre avec plus. Pour les ménages, ce n’est pas un détail, ce niveau sert de thermomètre pour lire l’évolution du niveau de vie et, indirectement, celle de certaines aides.
Un repère central pour lire le niveau de vie
Ce montant correspond au revenu disponible, donc à ce qu’il reste réellement pour consommer ou épargner une fois les impôts et cotisations sociales déduits. Sur un an, cela représente 26 740 euros.
Pour un couple avec un enfant de moins de 14 ans, le revenu médian monte à 4 011 euros par mois. Ce n’est pas un barème automatique, mais un indicateur suivi de près, notamment parce qu’il pèse dans la lecture des seuils utilisés pour des prestations versées par la CAF.
Pourquoi le chiffre progresse en 2024
L’Insee mesure une hausse générale du niveau de vie de 1,8 % en euros constants en 2024. Le mouvement s’explique par plusieurs facteurs qui ont joué en même temps.
Les retraites et les salaires ont été revalorisés à un niveau supérieur à l’inflation, mesurée à 2 % sur la période. S’ajoutent des rendements élevés sur les placements financiers et la revalorisation des prestations sociales pour les ménages les plus modestes. Bref, la progression a touché l’ensemble de la population, au moins dans les moyennes.
Ce que cela change pour les aides et les retraites
Pour les aides sociales, ce chiffre compte parce qu’il influence indirectement les barèmes de nombreuses prestations. C’est particulièrement vrai pour celles de la CAF, même si le revenu médian ne décide pas, à lui seul, du montant touché par un foyer.
Côté pensions, la tendance est plus nette. Le taux de pauvreté des retraités recule et s’aligne sur celui des actifs, à 10,4 %. Un effet attribué aux revalorisations des pensions, qui ont amélioré leur situation relative.
Un chiffre en hausse, mais une fracture plus nette
C’est là que le tableau se complique. Malgré cette amélioration globale, les inégalités de revenus atteignent leur plus haut niveau depuis 1996, date de la première publication de cette enquête par l’Insee.
Le niveau de vie des 10 % les plus modestes a progressé de 1,7 %, celui des 10 % les plus aisés de 1,4 %. Mais l’écart entre les deux extrêmes continue de se creuser. Et la pauvreté reste massive, avec 9,8 millions de personnes sous le seuil fixé à 1 337 euros par mois, soit un taux de 15,4 %. Les chômeurs et les familles monoparentales restent les plus exposés. C’est ce contraste, hausse moyenne d’un côté, fracture sociale de l’autre, qui donne sa vraie portée à ce nouveau revenu médian.