Scientifiques testent vaccin innovant contre la maladie de Lyme sur les tiques

Cette méthode, élaborée par les scientifiques de l'INRAE, offre la possibilité de diminuer la présence des bactéries, à l'origine de la maladie, au sein de ces acariens.

Une prouesse scientifique pour contrer la propagation de la maladie de Lyme

Connu pour leur rôle vecteur de maladies, les tiques sont des acariens craints aux saisons chaudes. Elles sont les premières responsables de la transmission de pathologies chez les animaux et se positionnent au deuxième rang pour l’être humain. Leur nuisance est due aux nombreuses bactéries qu’elles portent, dont la Borrelia, agent de la maladie de Lyme.

Devant ce constat, des chercheurs de l’INRAE (Institut national de la recherche agronomique), en collaboration avec l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) et l’École nationale vétérinaire d’Alfort, ont mis au point un vaccin novateur visant à endiguer cette propagation.

Un vaccin révolutionnaire axé sur le microbiote des tiques

A en croire le communiqué de l’INRAE du 24 juillet 2023, les scientifiques ont opté pour une approche différente des recherches précédentes. N’ayant pas réussi à freiner la maladie de Lyme chez l’homme avec un vaccin, ils ont alors orienté leurs travaux sur le microbiote de la tique, porteur de la bactérie Borrelia.

Dans le cadre de leurs expérimentations, ils ont injecté un vaccin doté d’une bactérie inoffensive dans le corps d’une souris. Ce processus a induit la production d’anticorps qui, lorsqu’une tique mord la souris, interagissent avec le microbiote de l’acarien et le modifient, comme l’explique l’INRAE.

Une avancée majeure pour la compréhension de la maladie de Lyme

Cette découverte a permis de mieux comprendre comment la bactérie Borrelia se développe et se propage. Le microbiote des tiques se révèle alors essentiel pour le développement de cette bactérie dans l’acarien.

L’INRAE souligne que cette donnée est cruciale pour envisager une stratégie de vaccination innovante visant à perturber le microbiote du vecteur de l’agent de la maladie de Lyme.

Les risques de contracter la maladie de Lyme

Il est important de noter que toutes les tiques ne sont pas porteuses de la bactérie Borrelia. Selon l’INRAE, le taux d’infection varie de 0 à 20% en fonction des régions et des saisons.

De plus, même si la tique est infectée, elle ne transmet pas nécessairement la bactérie à l’origine de la maladie de Lyme. Et même lorsque la transmission a lieu, la personne piquée ne développe pas forcément la maladie. Plus de 90% des personnes piquées par des tiques infectées ne développent pas la maladie.

Des conseils pour se protéger des tiques

Les tiques ont une prédilection pour certaines zones du corps humain, notamment derrière les oreilles, à la base du cou, sur la poitrine, sous les bras, dans le nombril, dans le pli du coude, autour des organes génitaux, entre les doigts, dans les plis du genou et entre les orteils.

Pour se prémunir contre les piqûres de tiques, il est recommandé de porter des vêtements couvrants, de rentrer le pantalon dans les chaussettes ou les bottes lors de sorties en nature à risques. L’INRAE conseille également d’examiner minutieusement son corps après chaque sortie, car les tiques peuvent être très petites (1 à 3 mm).

En cas de piqûre, il faut retirer l’acarien le plus rapidement possible et surveiller l’apparition de symptômes pendant trois à six semaines, tels que des érythèmes (rougeur de la peau), de la fièvre, de la fatigue, des douleurs, des fourmillements, une paralysie faciale ou encore un gonflement des articulations.