Seniors et retraités dénoncent la lourdeur fiscale sur héritages et donations
De nombreux seniors et retraités expriment leur exaspération face à la pression fiscale pesant sur les transmissions de patrimoine, que ce soit lors d’une donation ou d’un héritage, qu’ils jugent particulièrement lourde et injuste.
Tl;dr
- 69 % des seniors jugent la fiscalité successorale excessive.
- Les Belges et Français, particulièrement critiques sur ces taxes.
- Un transfert massif de patrimoine entre générations débute en Europe.
Seniors européens face à la fiscalité successorale
La question de l’héritage s’invite avec force dans le débat public européen, attisée par une population vieillissante et des enjeux financiers croissants.
Selon une récente enquête menée par l’Observatoire Cetelem de la banque BNP Paribas, près de 69 % des seniors européens considèrent que les impôts et taxes prélevés lors d’une transmission – donation ou succession – restent trop lourds dans leur pays.
L’héritage : un enjeu « éminemment politique »
S’appuyant sur un vaste sondage réalisé entre le 19 novembre et le 1er décembre 2025 par Toluna Harris Interactive, l’étude a interrogé 10 930 personnes majeures réparties dans dix pays, dont l’Allemagne, la France, la Belgique, l’Italie ou encore la Suède. Cette année, le focus portait tout particulièrement sur les plus de soixante ans, alors que le vieillissement démographique s’accélère sur le continent.
Pour Flavien Neuvy, directeur de l’Observatoire Cetelem, « la question de l’héritage est un sujet « sensible partout en Europe » et, pour beaucoup d’États, « éminemment politique ».
Pessimisme prononcé chez les Belges et Français
Les résultats du baromètre révèlent des contrastes nationaux marqués : en Belgique, ce sont 90 % des seniors qui dénoncent une pression fiscale jugée excessive lors d’une transmission patrimoniale.
Les Français suivent avec 82 %, tandis que les Italiens (79 %), les Roumains et Portugais (78 %) expriment également leur insatisfaction. À titre de comparaison, seuls 31 % des Suédois partagent ce sentiment ; il faut rappeler qu’en Suède, l’impôt sur les successions n’existe pas, même si d’autres formes de taxation peuvent intervenir.
Boomers, transmission et nouvelles dynamiques familiales
Ce ressenti s’inscrit dans un contexte où la solidarité intergénérationnelle prend tout son sens. D’après l’étude, soutenir financièrement ses enfants reste une évidence pour huit seniors européens sur dix. On apprend ainsi que 68 % des seniors ayant enfants ou petits-enfants contribuent parfois à leurs dépenses.
Le transfert massif du patrimoine accumulé par les « baby-boomers », désormais retraités, vers leurs descendants commence à peine à s’amorcer. Ce phénomène pose déjà une question sociétale complexe : « Aujourd’hui, les enfants héritent souvent tardivement, vers 50 ou 60 ans, quand ils possèdent déjà leur propre logement. Que vont-ils faire de ces sommes ? C’est un vrai sujet passionnant. »
Dans ce contexte mouvant, la fiscalité successorale reste au cœur d’un débat qui ne fait que débuter — entre équité intergénérationnelle et besoins budgétaires nationaux.
