Les soldes d’été 2026 ont duré cinq semaines au lieu de quatre. Malgré ce rab, les commerçants dressent un bilan décevant, entre chaleur et recul.
En bref
- Cinq semaines de soldes, bilan toujours décevant
- La canicule a freiné la fréquentation des magasins
- Le modèle des soldes est de plus en plus contesté
La semaine supplémentaire n’a pas changé le fond du problème. Mardi 28 juillet, dernier jour des soldes d’été 2026, beaucoup de commerçants parlaient d’un bilan décevant, malgré une prolongation décidée par Serge Papin le 30 juin.
Une semaine de plus, sans vrai rattrapage
Les soldes avaient commencé le mercredi 24 juin et devaient durer quatre semaines. Le gouvernement a ajouté une cinquième semaine pour aider les boutiques à écouler leurs stocks après un début raté. Mais, pour Pierre Talamon, président de la Fédération nationale de l’habillement, cela a seulement permis « d’arrondir les angles », sans modifier réellement la situation.
Les chiffres disponibles vont dans le même sens. L’Institut français de la mode a mesuré une baisse moyenne de 1,3 % en valeur sur les quatre premières semaines, par rapport à 2025. Et à Paris, un sondage commandé par la CCI Paris Île-de-France montre que 61 % des commerçants jugent que la prolongation n’a pas eu d’effet positif sur leurs ventes.
La canicule a vidé les rues et pénalisé les indépendants
Le point de départ, c’est la chaleur. Dès le lendemain de l’ouverture, 72 départements ont été placés en vigilance rouge. Dans des centres-villes étouffants, certains magasins sans climatisation ont vu la clientèle disparaître.
Résultat, les commerces indépendants ont enregistré une chute de 11 % des ventes sur la première semaine par rapport à la même période l’an dernier. Pierre Talamon parle même d’une « catastrophe ». Même tonalité du côté de la Fédération française du prêt-à-porter féminin, où son président Yann Rivoallan évoque un début « tellement mauvais » qu’il serait « quasiment irrattrapable », avec des ventes en baisse de 20 % au démarrage.
Tous n’ont pas observé la même ampleur. Yohann Petiot, de l’Alliance du Commerce, a noté une amélioration pendant la troisième semaine et espérait encore un rattrapage en cinquième semaine. Mais les indépendants semblent avoir davantage souffert. À Paris, 93 % des boutiques appartenant à un groupe disposent d’une climatisation, contre 63 % des indépendants.
Au-delà de 2026, des soldes qui perdent de leur force
Cette contre-performance ne tient pas seulement à la météo. La fédération Procos estime que la première vague de chaleur de mai a poussé une partie des consommateurs à acheter plus tôt leurs vêtements d’été. Moins de besoin, donc, au moment des rabais.
Et il y a un mouvement plus large. Pour Pierre Talamon, la baisse pendant les soldes devient récurrente. Gildas Minvielle, directeur de l’Observatoire économique de l’Institut français de la mode, avance deux raisons, la multiplication des opérations commerciales comme le Black Friday ou les French Days, et l’arrivée de nouveaux acteurs capables d’afficher des prix très bas toute l’année. Bref, la cinquième semaine n’a pas suffi à corriger une mécanique déjà fragilisée.