Le groupe pétrogazier annonce un bénéfice trimestriel record, porté par la crise sur le gaz et le gazole. Des chiffres qui relancent la bataille sur les superprofits.
En bref
- TotalEnergies affiche un bénéfice trimestriel record
- Le gaz et le raffinage portent la hausse
- La taxe sur les superprofits revient
Les résultats de TotalEnergies tombent au pire moment pour le débat public. Alors que le gazole dépasse en moyenne 2,34 euros le litre dans un contexte de pénuries qui durent depuis près de huit mois dans de nombreuses stations françaises, le groupe a publié jeudi 29 octobre des comptes records pour le troisième trimestre.
Des profits bien au-dessus des attentes
TotalEnergies annonce un résultat net de près de 7,8 milliards d’euros (8,3 milliards de dollars) entre juillet et septembre. Le marché attendait davantage en valeur absolue, avec environ 8,3 milliards d’euros (8,8 milliards de dollars) selon des prévisions relayées la veille, mais le groupe met surtout en avant une progression de 91 % depuis le début de l’année.
Ce niveau prolonge une série déjà très élevée. Les deux premiers trimestres de 2026 avaient déjà dépassé les 4,7 milliards d’euros (5 milliards de dollars) chacun, portés par la hausse des hydrocarbures. Pour Ahmed Ben Salem, spécialiste pétrole et gaz chez Oddo BHF, on est bien face à « des chiffres exceptionnels » dans une situation qui l’est tout autant.
Le gaz, le raffinage et le gazole tirent les comptes
L’explication est assez nette. Les tensions au Moyen-Orient, ajoutées aux frappes sur des installations énergétiques et des raffineries en Ukraine comme dans la région, ont réduit l’offre de gazole. Résultat, les prix montent et les marges suivent.
Dans le GNL, le prix moyen de vente a grimpé de 20 % par rapport au trimestre précédent. Cette activité affiche un résultat opérationnel ajusté d’environ 1,8 milliard d’euros (1,9 milliard de dollars). Le raffinage pèse lui aussi lourd, avec une marge de 31 euros par baril (33,2 dollars), contre environ 13 euros au trimestre précédent et 8 euros un an plus tôt. La branche Aval, qui regroupe notamment raffinage et distribution, atteint environ 3,8 milliards d’euros (4,1 milliards de dollars).
Une publication qui relance la bataille sur les superprofits
Ces chiffres étaient attendus de pied ferme par les défenseurs d’une taxation des superprofits. Plusieurs ONG, dont 350.org, Action Justice Climat Paris et Attac France, prévoyaient un rassemblement près de l’Assemblée nationale au moment de la publication pour réclamer une taxe destinée à financer les services publics, la transition écologique et l’aide aux ménages.
De son côté, TotalEnergies insiste sur ses prix plafonnés à la pompe dans ses 3 300 stations-service françaises, en pleine crise du pouvoir d’achat. Son patron, Patrick Pouyanné, a même affirmé fin octobre sur Public Sénat que le groupe était en train de devenir « la marque la plus populaire du pays ». La suite se jouera aussi sur le terrain politique, pas seulement dans les comptes.