Une méthode de calcul simple surpasse l’IMC pour anticiper l’hypertension artérielle

Image d'illustration. Balance et mètre ruban sur sol en boisADN
Des chercheurs ont découvert qu’une méthode de calcul simple permettrait d’anticiper l’hypertension artérielle plus efficacement que l’indice de masse corporelle, souvent utilisé. Cette approche pourrait améliorer la prévention des risques liés à la pression sanguine élevée.
Tl;dr
- WHtR surpasse l’IMC pour prédire l’hypertension.
- Une simple mesure taille-tour de taille suffit.
- L’IMC néglige la répartition réelle de la masse grasse.
Changement de paradigme dans l’évaluation du risque d’hypertension
La manière dont nous évaluons les risques liés à l’hypertension pourrait bien être en train d’évoluer. Une étude menée conjointement par des chercheurs de Finlande et des États-Unis remet en question l’efficacité de l’indice de masse corporelle (IMC), longtemps utilisé comme outil de dépistage standard.
Leur analyse suggère que le ratio tour de taille/hauteur (WHtR) offrirait une prédiction plus précise du risque d’hypertension, notamment chez les personnes présentant un excès de graisse abdominale.
Des résultats appuyés par une vaste cohorte
Basée sur les données issues de plus de 19 000 adultes et enfants âgés de 12 ans et plus, cette recherche met en lumière des différences notables entre les deux méthodes d’évaluation. Les personnes catégorisées comme ayant un excès de graisse selon le WHtR se révèlent être 91 % plus susceptibles d’avoir une tension artérielle élevée et 161 % plus à risque d’être hypertendues, comparativement à celles ayant un niveau normal. Par contraste, l’IMC montre une association bien moins marquée avec ces risques et n’identifie pas aussi clairement les sujets hypertendus.
Le chercheur principal, le Dr Mahidere Ali, explique : « Le WHtR offre une estimation plus fiable et cliniquement pertinente du risque d’hypertension, quelle que soit l’origine ethnique ou l’âge ».
Pourquoi l’IMC montre ses limites ?
Si l’IMC est couramment employé, il présente toutefois un défaut majeur : il ne distingue pas la masse grasse de la masse musculaire. Cette nuance peut fausser l’interprétation des risques ; un sportif très musclé sera ainsi souvent classé comme en surpoids ou obèse selon l’IMC, alors que son risque cardiovasculaire reste faible. Le WHtR corrige cet écueil en ciblant directement la distribution adipeuse.
Parmi les arguments avancés par les scientifiques figurent notamment :
- L’excès de graisse augmente le risque non seulement d’hypertension mais aussi de diabète de type 2.
- A contrario, une masse musculaire importante pourrait protéger contre ces pathologies.
Des travaux antérieurs avaient déjà souligné la pertinence du WHtR pour prédire le diabète ou la stéatose hépatique, renforçant son intérêt clinique.
Vers une adoption élargie ?
Aujourd’hui encore, l’IMC demeure la référence pour le dépistage rapide des troubles métaboliques. Pourtant, les auteurs rappellent que « le système de santé américain subit actuellement le poids combiné d’une hypertension mal contrôlée et d’une obésité sous-évaluée ».
En conclusion, ils préconisent un recours généralisé au WHtR : accessible à tous, ce calcul ne nécessite qu’un mètre-ruban — preuve s’il en fallait qu’une évaluation simplifiée pourrait transformer la prévention des maladies cardiovasculaires à grande échelle.
