Verdict de justice sur violences du policier à Hedi: vers une détention provisoire?
Le tribunal d'appel d'Aix-en-Provence examine ce jeudi une affaire controversée qui a provoqué une révolte dans certaines stations de police et un débat politique.
Aix-en-Provence : un dossier brûlant au cœur d’une polémique
La cour d’appel d’Aix-en-Provence se penche ce jeudi sur un dossier épineux qui a suscité une révolte dans certains commissariats et une polémique politique. En effet, ce jeudi 3 août 2023, la justice se penche sur la détention provisoire d’un policier, soupçonné avec trois collègues d’avoir sévèrement blessé un jeune homme lors des émeutes à Marseille suite au décès de Nahel. Ce dossier brûlant a provoqué une rébellion dans certains commissariats et un débat politique.
La chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) devra trancher sur le maintien ou non en prison de ce policier de la brigade anticriminalité (BAC) de Marseille, suspecté d’être l’auteur d’un tir de LBD début juillet qui a conduit à l’amputation d’une partie du crâne d’Hedi, 22 ans.
Une décision attendue dans la journée
L’officier sera présent à l’audience publique qui débutera à 8h30 jeudi matin. Selon le site d’actualités locales Marsactu, le parquet général va demander le maintien en détention, information que le parquet refuse de commenter. Un autre officier, également mis en examen et qui conteste son contrôle judiciaire, verra sa situation examinée à huis clos. Les décisions seront rendues rapidement, probablement dans la journée.
L’incarcération du policier marseillais il y a deux semaines, après celle d’un autre policier mis en examen pour le meurtre de Nahel M, 17 ans, à Nanterre fin juin, a engendré une révolte parmi une partie des forces de l’ordre. Le directeur de la police Frédéric Veaux, a déclaré que « avant un éventuel procès, un policier n’a pas sa place en prison ».
Les syndicats de police cherchent à apaiser les tensions
Ces propos ont suscité une polémique sur l’indépendance de la justice et le statut des policiers, irritant également les magistrats. Les chefs de la cour d’appel d’Aix-en-Provence ont rappelé que l’autorité judiciaire seule est chargée de mener les enquêtes nécessaires à la manifestation de la vérité, en toute impartialité et à l’abri des pressions.
Par ailleurs, les syndicats de policiers cherchent à apaiser les tensions et n’appellent pas à des manifestations de soutien en marge de l’audience, bien que plusieurs d’entre eux espèrent une libération.
Un policier déjà mis en cause pour violences policières
Dans l’affaire Hedi, quatre policiers sont mis en examen pour « violences volontaires ayant entraîné une ITT (incapacité totale de travail) supérieure à 8 jours, aggravées par trois circonstances ». Seul un policier a été incarcéré, les trois autres ont été placés sous contrôle judiciaire.
Le site d’information Mediapart a révélé que l’un d’entre eux figurait dans un autre dossier de violences policières datant des « gilets jaunes », en 2018. Interrogé par l’AFP, le parquet de Marseille a confirmé que ce policier avait été entendu en tant que témoin dans l’affaire dite « Angelina ».
Au total, 31 enquêtes de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) ont été ouvertes à la suite des émeutes.
