Ce que les Français doivent vraiment payer eux-mêmes face à la réduction des remboursements santé

Image d'illustration. Calculatrice et services médicauxADN
Entre l’augmentation des franchises médicales et la réduction de certains remboursements, les dépenses à la charge des patients progressent en France. Face à ces évolutions, les Français voient leur reste à payer pour se soigner s’alourdir.
Tl;dr
- Dépenses de santé atteignent 255 milliards en 2024.
- Reste à charge des ménages légèrement en hausse.
- Médicaments et soins de ville : croissance plus marquée.
Les dépenses de santé poursuivent leur hausse
L’année 2024 s’inscrit dans la continuité d’une tendance haussière pour les dépenses de santé en France. D’après le rapport annuel de la Drees, rendu public le 30 septembre 2025, les Français ont consacré au total près de 255 milliards d’euros aux soins et biens médicaux. Cette progression, estimée à +3,7 % sur un an, représente désormais une dépense moyenne de 3 723 euros par habitant.
Une telle augmentation s’avère toutefois un peu moins marquée que celle observée en 2023 (+4,8 %), mais elle reste supérieure à la période précédant la crise sanitaire, où le rythme annuel tournait autour de 2 %. Les experts des ministères sociaux notent donc une certaine décélération, tout en soulignant que la dynamique demeure soutenue.
Ménages et complémentaires davantage sollicités
Si l’on examine la répartition du financement, une évolution mérite attention : la part prise en charge par les organismes complémentaires a légèrement progressé pour atteindre 12,8 %, soit quelque 33 milliards d’euros. En parallèle, celle assumée par la Sécurité sociale et l’État recule de 0,5 point et se situe désormais à 79,4 % (202 milliards).
Pour les ménages eux-mêmes, le reste à charge continue sa lente progression : il atteint cette année une moyenne de 292 euros annuels par personne – contre 276 euros l’an passé. Plusieurs facteurs expliquent ce glissement : notamment le doublement des franchises et participations forfaitaires qui grèvent les consultations ou encore certains remboursements revus à la baisse.
Secteurs et produits moteurs de la hausse
En dépit d’un ensemble plutôt stable, certains postes affichent une dynamique plus affirmée. Ainsi :
- Soins de ville : +4 %, soit un total de 77 milliards d’euros.
- Médicaments : accélération nette (+5,5 %) portée par les traitements innovants.
- Soins hospitaliers : progression plus modérée (+2,9 %, soit environ 120,9 milliards).
L’explication ? Le dynamisme du marché pharmaceutique – avec une consommation accrue de médicaments coûteux et innovants – pèse sensiblement sur le budget national.
Pondération dans l’économie française
Fait notable : malgré ces variations internes, la part que représente la consommation de soins et biens médicaux (CSBM) dans le PIB demeure relativement stable à hauteur de 8,7 %. La prévention et les soins longue durée restent écartés du périmètre principal du rapport.
Ainsi se dessine le paysage d’une dépense médicale sous contrôle mais durablement orientée à la hausse, où chacun – ménages comme assureurs complémentaires – est mis davantage à contribution face à l’essor des besoins et des innovations thérapeutiques.
