Colorants alimentaires : leur présence dans yaourts, soupes et confitures liée à des risques de cancer et diabète

Image d'illustration. Close up d un bol de soupe aux teintes éclatantesADN
Des études récentes alertent sur la présence de colorants alimentaires dans de nombreux produits courants, comme les yaourts, soupes et confitures, en lien avec une augmentation des risques de diabète de type 2 et de certains cancers.
Tl;dr
- Les colorants accroissent les risques de diabète et cancer.
- Conservateurs liés à hypertension et maladies cardiovasculaires.
- Le Nutri-Score obligatoire bientôt débattu en France.
Colorants alimentaires : des risques sanitaires pointés du doigt
Les résultats de trois études menées par l’Inserm viennent une nouvelle fois jeter le trouble sur la place des additifs alimentaires, et notamment des colorants, dans notre quotidien.
Leurs conclusions, publiées ce jeudi 21 mai 2026, concernent plus de 100 000 participants français suivis depuis 2009, et confirment une tendance préoccupante : une consommation importante de colorants alimentaires (E100 à E199) serait associée à une augmentation du risque de développer un diabète de type 2 (+38 %), un cancer (+14 %), mais surtout un cancer du sein (+21 %, voire +32 % après la ménopause).
D’autres additifs dans le viseur
Au-delà des seuls colorants, les chercheurs – Sanam Shah, Anaïs Hasenböhler sous la direction de l’épidémiologiste Mathilde Touvier – ont élargi leur analyse aux conservateurs et antioxydants (E200 à E399). Ils ont constaté que la forte consommation de certains conservateurs, comme le sorbate de potassium E202 ou l’acide citrique E330, expose à :
- un risque d’hypertension accru de 24 % ;
- un risque supérieur de maladies cardiovasculaires de 16 %.
Les liens mis au jour s’ajoutent à un faisceau d’études qui mettent en garde contre les effets néfastes des aliments ultra-transformés, même si ces travaux ne démontrent pas formellement la causalité.
L’encadrement politique face aux inquiétudes sanitaires
Dans ce contexte, l’ONG Que Choisir Ensemble comme Foodwatch appellent à agir. Selon cette dernière, « ces études scientifiques doivent provoquer un électrochoc politique », réclamant l’interdiction des additifs jugés les plus controversés ou suspectés d’être cancérogènes, tels que les nitrites ou l’aspartame.
Pour la directrice de recherche à l’Inserm, il devient urgent de « réévaluer la sécurité de ces additifs, pour éventuellement en interdire certains ou diminuer les doses autorisées ». Mais sur ce terrain, le manque de « courage politique », selon Foodwatch, freine encore les avancées.
Nouveau débat autour du Nutri-Score obligatoire
À l’heure où une proposition de loi portée par huit groupes politiques devrait être débattue à l’Assemblée nationale pour rendre le Nutri-Score obligatoire, le sujet s’invite au centre du débat public. Cet outil d’étiquetage nutritionnel – déjà utilisé volontairement en France depuis 2017 – permettrait d’inciter consommateurs et industriels à privilégier des produits moins transformés.
Si la loi était adoptée, toute entreprise agroalimentaire refusant son affichage se verrait imposer une taxe supplémentaire dont le produit reviendrait à l’Assurance maladie. La lutte contre la « malbouffe », alors que près de huit millions d’adultes sont concernés par l’obésité en France et que les maladies liées coûtent près de 12 milliards d’euros chaque année, semble donc loin d’être terminée.
