Interdiction du CBD alimentaire en France : tensions et incompréhensions

Image d'illustration. Gros plan de snacks délicieux infusés au cbd sur une table en boisADN
L’interdiction récente des aliments contenant du CBD en France suscite une vive polémique, provoquant l’incompréhension des professionnels du secteur et relançant le débat sur la législation entourant ces produits dérivés du cannabis.
Tl;dr
- Interdiction du CBD alimentaire dès le 15 mai 2026.
- Forte inquiétude des professionnels et agriculteurs français.
- Le CBD à fumer reste autorisé.
Un coup d’arrêt brutal pour le CBD alimentaire
Le vendredi 15 mai 2026 a marqué un tournant majeur : désormais, la vente de produits alimentaires contenant du cannabidiol (CBD) est interdite en France. La décision, émanant de la Direction générale de l’alimentation (DGAL), vient appliquer la réglementation européenne en vigueur depuis près de trente ans.
Dans les rayons, les huiles, tisanes, bonbons ou gâteaux au CBD disparaissent donc purement et simplement, suscitant une profonde inquiétude chez les professionnels du secteur.
Nouveau cadre européen : la tolérance s’efface
Pour mieux comprendre ce revirement, il faut se tourner vers le règlement européen dit Novel Food, instauré en 1997. Ce texte oblige tout aliment « nouveau » dans l’Union européenne à obtenir une autorisation spécifique avant sa mise sur le marché. Or, jusqu’à présent, les denrées contenant du CBD bénéficiaient d’une certaine tolérance administrative en France, même si aucune validation officielle n’avait été accordée. Mais la DGAL a choisi d’y mettre fin, informant dès mi-avril les représentants du secteur que le sursis touchait à sa fin.
Paradoxalement, les produits à base de CBD destinés à être fumés ou utilisés dans des cigarettes électroniques ne sont pas concernés par cette mesure. Ils restent donc en vente libre.
Colère des acteurs du secteur agricole
Sans surprise, cette interdiction provoque un tollé chez les professionnels. « On trouve ça complètement aberrant », confie Paul Maclean de l’Union des professionnels du CBD (UPCBD). Même son de cloche à la Confédération paysanne, troisième syndicat agricole français et soutien affiché des producteurs de chanvre.
L’organisation va jusqu’à parler d’« une mise à mort de la production agricole française » dans un communiqué daté du 6 mai.
Avenir incertain pour 2000 boutiques spécialisées
Les conséquences économiques pourraient s’avérer lourdes. Selon la Confédération paysanne, environ 40 % du chiffre d’affaires des magasins spécialisés dépendaient directement des ventes alimentaires à base de CBD. Ce sont ainsi plus de deux mille boutiques implantées au cœur des villes qui redoutent désormais pour leur avenir.
Face à cette situation jugée intenable par beaucoup, Paul Maclean insiste : « On n’est pas d’accord avec [cette] interprétation très restrictive » et n’exclut pas d’engager des recours contre cette application stricte de la réglementation européenne.
