Jusqu’en 2028, les pourboires seront exonérés d’impôt selon la décision des députés

Image d'illustration. Petite pile de pièces sur un comptoir de barADN
L’Assemblée nationale a prolongé jusqu’en 2028 l’exonération fiscale des pourboires, poursuivant ainsi une mesure qui soutient le pouvoir d’achat des salariés du secteur de la restauration, sans alourdir leur déclaration de revenus.
Tl;dr
- Pourboires défiscalisés jusqu’en 2028 par l’Assemblée nationale.
- Large soutien à la mesure, gauche majoritairement abstentionniste.
- Le débat se poursuit au Parlement jusqu’à mi-décembre.
Un coup de pouce prolongé pour le secteur de l’hôtellerie-restauration
À la surprise de certains, l’Assemblée nationale a choisi d’allonger la durée de la défiscalisation des pourboires versés par carte bancaire. Initialement prévue pour s’arrêter fin 2025, cette mesure bénéficiera désormais d’un sursis jusqu’en 2028. Un amendement présenté par Laurent Wauquiez, à la tête des députés Les Républicains, a rallié une large majorité dès l’ouverture du marathon budgétaire dans l’hémicycle.
Un secteur en tension soulagé… mais pas unanime
En coulisses, ce sont surtout les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration qui respirent : pour eux, ces pourboires, désormais exonérés de charges sociales et fiscales, restent un complément de salaire indispensable.
Le député LR Vincent Descœur n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler que cette disposition « a satisfait tant les employeurs que les salariés, en particulier dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, où ces pourboires représentent une part non négligeable de la rémunération et contribuent à l’attractivité de ces métiers en tension ». À droite comme au sein du Rassemblement national, les votes favorables ont afflué ; à gauche, en revanche, c’est surtout l’abstention qui a dominé.
Des réticences persistantes côté gauche et au gouvernement
Mais tout n’est pas joué. Plusieurs voix discordantes se sont fait entendre parmi les rangs progressistes. Le président Insoumis de la commission des Finances, Éric Coquerel, a exprimé ses doutes sur « un effet délétère sur les salaires », estimant que la généralisation des pourboires pourrait nuire aux rémunérations fixes. Même prudence du côté du ministre de l’Économie Roland Lescure, partisan d’une extension plus brève (jusqu’en 2027 seulement), qui pointe du doigt deux effets possibles :
- Baisse persistante des salaires fixes
- Systématisation des gestes commerciaux attendus (« sourire »)
Lui-même souligne que ce débat risque fort d’animer la campagne présidentielle à venir.
Vers un vote définitif… ou non ?
Rien n’est gravé dans le marbre : si ce premier vote s’est soldé par 142 voix contre 48 (soutenus massivement par droite et extrême-droite), la partie législative n’est pas terminée.
Jusqu’à mi-décembre au moins, discussions et amendements devraient se succéder entre Sénat et Assemblée nationale. Rien n’exclut donc qu’un revirement puisse encore intervenir avant le bouclage définitif du projet de loi de finances.
