L’Anses propose d’exclure les produits au soja des cantines : voici pourquoi

Image d'illustration. Champ de soja vert sous ciel bleu
Image d'illustration. Champ de soja vert sous ciel bleu — ADN

L'Anses s'inquiète du recours excessif au soja dans les cantines : yaourts, steaks végétaux, laits... Quelles sont les raisons qui poussent cette agence à vouloir éliminer les produits à base de soja de nos réfectoires ?

  • L’Anses déconseille les aliments à base de soja.
  • Les isoflavones, proches des hormones féminines, sont potentiellement nocifs.
  • L’Anses recommande de réviser les techniques de production du soja.

Les dangers potentiels du soja

De nos crèches aux écoles, des collèges et lycées aux cantines d’entreprises, en passant par les Ehpad, hôpitaux et cliniques, l’Anses suggère de ne plus proposer des aliments à base de soja.

Ces derniers renferment trop d’isoflavones, des éléments végétaux similaires aux hormones féminines, aux effets potentiellement nuisibles pour la santé.

Un appel à revoir les techniques de production

L’Anses appelle également les acteurs de l’agroalimentaire à revoir les techniques de production et de transformation du soja, afin de réduire le taux en isoflavones de leurs produits.

« Il ne s’agit pas de jeter l’opprobre sur le soja en tant qu’aliment, mais plutôt sur les teneurs en isoflavones que les produits au soja contiennent actuellement », précise Aymeric Dopter, chef de l’unité d’évaluation des risques liés à la nutrition à l’Anses.

Des seuils toxicologiques définis

Grâce aux connaissances scientifiques disponibles, l’Anses a pour la première fois établi des seuils toxicologiques, des valeurs de référence en dessous desquelles il n’y a quasiment pas de risques pour la santé.

Néanmoins, elle a constaté un « risque de dépassement » pour les consommateurs d’aliments à base de soja. En conséquence, l’Agence conseille de « diversifier les aliments d’origine végétale ».

Une alimentation diversifiée et des techniques de production revues

Elle s’adresse aussi aux industriels de l’agroalimentaire : si les teneurs en isoflavones dépendent de la variété de soja, des conditions de culture et du degré de maturité de la plante, il est possible de les réduire en utilisant certaines techniques agronomiques et procédés de fabrication. « Dans la préparation des produits du soja, que ce soit par lavage, trempage, toute une série d’opérations, des techniques traditionnelles en Asie permettent de réduire les teneurs de ces isoflavones », indique Perrine Nadaud, adjointe de Aymeric Dopter à l’Anses.

Enfin, l’Anses compte partager ses valeurs toxicologiques de référence avec ses homologues européens et contribuer à la révision de l’arrêté relatif à la qualité nutritionnelle des repas en restauration scolaire.