Pourquoi avons-nous oublié une grande partie de nos leçons scolaires ?

Image d'illustration. Apprentissage et mémoire. ADN
Après deux semaines de vacances, les écoliers vont enfin retourner à l'école. C'est le moment idéal pour nous interroger sur la pérennité de leurs apprentissages. Les enfants oublient-ils réellement ce qu'ils apprennent en classe ?
Tl;dr
- La mémorisation est essentielle pour l’apprentissage durable.
- La répétition et le sommeil renforcent la mémoire.
- L’apprentissage actif facilite la mémorisation durable.
La mémoire, pilier de l’apprentissage
Au seuil de la rentrée scolaire, il est pertinent de se demander ce que nous retenons vraiment de nos apprentissages. D’un côté, certaines connaissances comme la grammaire ou le vélo restent avec nous toute notre vie.
D’un autre côté, des informations apprises pour un examen, comme le calcul d’une racine carrée, s’évaporent rapidement une fois l’examen passé. Pourquoi cette différence ? Comment ancrer les savoirs dans nos mémoires ?
Le fonctionnement de la mémoire
La mémoire est un processus en quatre étapes : l’encodage, la consolidation, la récupération et l’oubli. Ces phases se déroulent grâce à des groupes de neurones appelés « engrammes ». Ces derniers laissent des traces physiques de la mémoire dans notre cerveau.
La consolidation de la mémoire à long terme requiert la formation de synapses supplémentaires entre les neurones, ce qui est rendu possible grâce à la plasticité neuronale. Cette étape dépend fortement de la répétition.
Le rôle du sommeil et de la répétition
La répétition et le sommeil jouent un rôle crucial dans le renforcement de la mémoire. Les représentations répétées d’un événement d’apprentissage pendant le sommeil activent spontanément les engrammes, d’où l’idée que le sommeil renforce la mémoire.
Le souvenir et l’oubli
L’oubli est une phase tout aussi importante dans l’acquisition de la mémoire. Pour faire de la place dans le cerveau, certains souvenirs doivent être éliminés. Ce processus se produit grâce à l’affaiblissement de circuits existants, l’occupation de l’espace synaptique par de nouveaux processus de neurogenèse, et même l’élimination de synapses par des cellules spécialisées du cerveau.
Comment optimiser l’apprentissage ?
Il existe des stratégies pour optimiser l’ancrage des savoirs dans la mémoire. Premièrement, il est plus facile d’engranger de nouvelles connaissances si on les relie à des connaissances stockées antérieurement. Deuxièmement, on mémorise mieux des informations qui font l’objet de raisonnements. Enfin, l’approfondissement de l’objet de l’apprentissage facilite la récupération ultérieure du souvenir.
L’enseignement actif, qui permet aux étudiants d’appliquer, d’interpréter, d’évaluer ou d’expliquer la connaissance en question, est donc essentiel pour pratiquer la répétition et renforcer les engrammes. À l’inverse, étudier juste avant un examen ne génère probablement aucune trace durable dans notre cerveau.
