Quels biens français, des avions aux grands crus, s’envolent chaque année vers les États-Unis ?
De l’aéronautique aux produits pharmaceutiques, en passant par les grands crus et les articles de luxe, la France exporte une large gamme de biens vers les États-Unis, son premier partenaire commercial hors Europe. Tour d’horizon des secteurs concernés.
Tl;dr
- Trump menace de taxer vins français à 200 %
- Exportations françaises vers les États-Unis : secteur clé
- L’aéronautique reste en tête malgré les tensions
Un bras de fer commercial qui s’intensifie
Dans le climat déjà tendu des relations transatlantiques, la récente déclaration de Donald Trump vient raviver l’inquiétude au sein de la filière viticole française. L’ancien président américain agite la menace d’un relèvement spectaculaire des droits de douane – jusqu’à 200 % – visant spécifiquement les vins, champagnes et cognacs tricolores.
Cette sanction prendrait effet si la France persistait à ne pas rejoindre le « Conseil de paix » souhaité par Trump pour concurrencer l’ONU. Derrière cette posture offensive se dessine un nouveau chapitre dans la guerre commerciale qui secoue régulièrement les échanges entre Paris et Washington.
Le poids stratégique du marché américain
Malgré ces menaces, il faut rappeler que les États-Unis demeurent l’un des partenaires commerciaux majeurs de la France. En 2024, pas moins de 48,5 milliards d’euros de biens français ont traversé l’Atlantique, ce qui fait des États-Unis le deuxième client du pays derrière l’Allemagne, selon les douanes. Parmi ces échanges, certains secteurs tirent leur épingle du jeu malgré le contexte incertain.
L’aéronautique et le luxe résistent aux turbulences
Il n’est pas surprenant que l’aéronautique domine nettement ce panorama : un cinquième des exportations françaises vers les États-Unis lui est consacré. Les chiffres sont éloquents : en 2024, près de 9,7 milliards d’euros en produits aéronautiques et spatiaux ont été écoulés outre-Atlantique. Avions, turboréacteurs ou pièces détachées figurent en tête de liste, avec un rythme d’exportation en hausse de 17 % sur les neuf premiers mois de 2025. À ce titre, Airbus revendique sa place comme principal exportateur aérospatial sur le sol américain.
Le secteur du luxe – parfums, maroquinerie ou cosmétiques – suit également une dynamique robuste. Ces produits totalisent environ 6,5 milliards d’euros d’exportations pour l’année 2024. Les grandes maisons telles que LVMH, bien implantées aux États-Unis où elles réalisent un quart de leur chiffre d’affaires mondial, profitent d’une clientèle moins sensible aux variations tarifaires.
Cognac et vins sous pression tarifaire
Cependant, tous les segments ne sont pas aussi résilients face à la pression politique américaine. Si les médicaments (3,8 milliards d’euros exportés) ont jusqu’ici été épargnés par la Maison-Blanche lors des précédentes passes d’armes commerciales, la filière des boissons traverse une zone de turbulence réelle. Dès juillet 2025, une chute notable s’est manifestée dans les ventes américaines de vins et spiritueux français : près de 350 millions d’euros de pertes sur neuf mois. La moitié provient du recul du cognac, suivi par celui des vins puis du champagne.
En coulisse pourtant, certains observateurs soulignent que la politique tarifaire ne saurait tout expliquer. Les douanes françaises évoquent aussi « l’effet collatéral […] de la dévaluation du dollar », rendant plus onéreuses ces exportations payées en euros.
La suite dépendra donc autant des choix diplomatiques à venir que des aléas monétaires internationaux — mais une chose est sûre : pour plusieurs pans stratégiques des exportations françaises, chaque annonce venue de Washington demeure scrutée avec nervosité.
