Menu
https://www.directs.fr/app/uploads/2020/05/cropped-logo-directs.pngDirects.fr
  • Actualité
    • Économie
    • Faits divers
    • Insolite
    • Météo
    • International
    • Planète
    • Politique
    • Santé
    • Société
  • Divertissement
    • Sciences et Technologie
  • Sport
Sciences et Technologie

SAP : l’atout numérique majeur de l’Europe face à Donald Trump

Sciences et Technologie > Union européenne
Par Jérôme publié le 21 janvier 2026 à 15h00.

Au cœur des entreprises européennes, SAP s’impose comme un outil stratégique essentiel. Ce logiciel de gestion intégré, développé en Allemagne, joue un rôle clé dans l’autonomie numérique du continent face aux pressions économiques venues des États-Unis.

Tl;dr

  • SAP, logiciel central, arme potentielle dans la rivalité numérique.
  • Couper SAP pénaliserait autant l’Europe que les États-Unis.
  • Interdépendance économique freine toute escalade technologique radicale.

SAP : un levier géopolitique inattendu

L’avenir de la technosphère européenne pourrait bien se résumer à trois lettres : SAP. Ce logiciel allemand, devenu incontournable pour la gestion d’entreprise, centralise et unifie en temps réel des fonctions vitales comme la comptabilité ou les ressources humaines. Or, derrière ce mastodonte technologique, c’est une forme d’interdépendance stratégique qui se dessine entre l’Europe et les États-Unis.

Car si l’on en croit les chiffres, entre 80 et 90 % des plus grandes entreprises mondiales — dont une majorité américaine — s’appuient sur SAP. Une telle position expose-t-elle le monde à une nouvelle forme de « guerre froide » digitale ?

Le précédent russe et ses enseignements

Pour comprendre les enjeux, il suffit de jeter un œil à la Russie. En réaction à l’invasion de l’Ukraine, SAP a progressivement cessé ses services sur place : arrêt des ventes, puis fin du support technique et fermeture de l’accès cloud courant mars 2024. Si nombre d’entreprises russes parviennent encore à faire tourner d’anciennes versions, elles se retrouvent sans assistance ni mises à jour.

Vous aimez nos contenus ?
Recevez chaque jour nos dernières publications gratuitement et directement dans votre boite mail
Recevoir la newsletter

Cette fragilité n’a pas tardé à coûter cher — Aeroflot, première compagnie aérienne russe, a fait les frais d’une cyberattaque exploitant une faille corrigée uniquement sur les versions récentes du logiciel ; même constat pour la banque Sberbank, qui a perdu le contrôle de son cloud de données.

L’arme de dissuasion numérique… aux conséquences incalculées

Face aux menaces américaines brandissant la coupure d’accès à des applications stratégiques telles que Visa ou Microsoft pour sanctionner des pays européens récalcitrants, certains en Europe suggèrent la riposte : désactiver SAP outre-Atlantique. Tentant sur le papier mais risqué en pratique. Comme le rappelle Guy-Philippe Goldstein, enseignant à l’École de guerre économique : « C’est l’arme nucléaire numérique, cela doit servir de dissuasion mais n’être utilisé qu’en ultime recours  ». Car priver soudainement le marché américain du logiciel serait tout aussi néfaste pour SAP lui-même que pour ses clients américains.

La complexité ne s’arrête pas là. Les hyperscalers américains – ces géants du cloud comme Amazon ou Microsoft – hébergent aujourd’hui la majorité des solutions SAP. Ophélie Coelho (Iris) met en garde : « SAP a des partenariats avec les hyperscalers américains […] ils pourraient couper l’accès au cloud pour tous les clients SAP  ». Le jeu du chat et de la souris technologique serait donc loin d’être à sens unique.

L’équilibre fragile de la dépendance croisée

Reste alors une évidence : ni l’Europe ni les États-Unis n’ont intérêt à déclencher un tel bras de fer numérique. Certes, les Américains disposent bien d’alternatives (Oracle notamment), mais migrer massivement représenterait un investissement colossal et plusieurs années d’efforts selon Gartner.

De fait, voici ce qu’impliquerait une telle rupture :

  • Dommages économiques immédiats pour SAP et ses partenaires.
  • Déstabilisation accrue des marchés mondiaux et perte de confiance dans le fournisseur.
  • Dépendances croisées multiples, comme avec ASML (Pays-Bas) ou Ericsson (Suède).

En définitive ? Difficile d’imaginer que l’un des deux camps oserait aller jusque-là. Comme conclut Guy-Philippe Goldstein : « Les États-Unis et l’Europe, c’est un peu « tu me tiens, je te tiens par la barbichette » version interdépendance économique ».

Le Récap
  • Tl;dr
  • SAP : un levier géopolitique inattendu
  • Le précédent russe et ses enseignements
  • L’arme de dissuasion numérique… aux conséquences incalculées
  • L’équilibre fragile de la dépendance croisée
En savoir plus
  • Face à d’éventuelles surtaxes américaines, Macron plaide pour une riposte européenne coordonnée
  • Depuis le 1er janvier, le fisc peut surveiller l’ensemble des opérations en cryptomonnaies
  • La pauvreté touche moins de personnes en France qu’ailleurs dans l’Union européenne
Vous aimez nos contenus ?
Recevez chaque jour nos dernières publications gratuitement et directement dans votre boite mail
Recevoir la newsletter
https://www.directs.fr/app/uploads/2020/05/cropped-logo-directs.png
  • À propos
  • Mentions Légales
  • Archives
  • Gestion des données personnelles
  • Twitter
© 2026 - Tous droits réservés sur les contenus du site Directs.fr