Une étude menée en Catalogne relie certaines attitudes à table au bien-être des enfants. La pression, l’interdiction ou la récompense ressortent mal.
En bref
- La pression à table ressort négativement
- La présence régulière est mieux associée
- L’étude ne prouve pas la causalité
Ce que vous faites au moment des repas compte aussi. Une étude menée par la Gasol Foundation avec la mairie de Sant Boi de Llobregat, près de Barcelone, associe certaines attitudes parentales à une meilleure ou une moins bonne qualité de vie chez les enfants.
À table, la forme compte aussi
Le constat est assez net. Quand les parents forcent à manger ou restreignent certains aliments dans une logique d’interdiction, la qualité de vie des plus jeunes ressort moins bonne. À l’inverse, le fait de rester attentif à ce qu’ils mangent, avec un accompagnement jugé chaleureux et proche, est lié à de meilleurs résultats.
L’étude ne s’est pas limitée au contenu de l’assiette. Elle a regardé la manière d’accompagner l’enfant pendant les repas, ce qui est moins documenté. La Gasol Foundation souligne d’ailleurs que les preuves scientifiques sur ce lien restaient jusque-là assez limitées.
Une étude large, mais sans lien de cause à effet
Le travail, baptisé Santboisà et publié dans Frontiers in Nutrition, s’appuie sur les données de 1.535 enfants âgés de 3 à 8 ans, scolarisés dans 19 établissements. Les informations ont été recueillies entre 2022 et 2024.
Les familles ont répondu à un questionnaire sur trois pratiques fréquentes au moment des repas, la proximité dans l’accompagnement, la pression pour manger et la restriction d’aliments. Elles ont aussi évalué la qualité de vie de leur enfant, à partir d’éléments comme le fait de se sentir bien, d’avoir de l’énergie ou de profiter des amis.
Mais il y a une limite importante. Les auteurs parlent de différences modestes et rappellent qu’il s’agit d’une étude transversale. En clair, elle met en évidence des associations, pas un rapport de cause à effet.
Ce que les chercheurs recommandent aux parents
Pour Silvia Torres, chercheuse à la Gasol Foundation et coautrice, des pratiques courantes comme la punition, la récompense sucrée ou l’interdiction stricte de certains aliments sont associées négativement au bien-être des enfants. Elle résume l’alternative ainsi : « L’alternative efficace est l’accompagnement proche : offrir des aliments sains de manière respectueuse et sans coercition ».
Ce point reste valable même en tenant compte de l’âge, du sexe, du poids, de la qualité du régime alimentaire, de l’activité physique ou encore du niveau d’études de la mère. Les résultats apparaissent similaires chez les filles et chez les garçons.
Un détail compte quand même. Les auteurs insistent sur la régularité : être attentif de façon constante semble favorable, alors qu’un accompagnement seulement ponctuel ne montre pas le même effet.
Pourquoi ce sujet pèse sur le bien-être
Santi F. Gómez, directeur exécutif de la Gasol Foundation et coauteur, rappelle que le lien entre émotions et comportement est particulièrement fort pendant l’enfance. C’est sans doute ce qui rend le moment du repas plus sensible qu’il n’y paraît.
Même lecture chez Helmut Schröder, chercheur à l’Hospital del Mar Research Institute, membre du conseil consultatif de la Gasol Foundation et professeur honoraire à l’Université de Las Palmas de Gran Canaria, qui jugeait les preuves sur ce sujet très rares jusqu’ici. La suite, elle est connue : il faudra des études de suivi, ou comparer un groupe accompagné autrement à un groupe témoin.