La taxe française de 2 euros sur les petits colis sera suspendue mercredi. En cause, son contournement massif et l’arrivée d’un droit européen.
En bref
- La taxe française de 2 euros s’arrête mercredi
- Un droit européen de 3 euros prend le relais
- Les plateformes contournaient largement le dispositif français
La taxe française sur les petits colis n’a pas tenu ses promesses. Mise en place le 1er mars pour freiner les commandes de moins de 150 euros venues de Chine via des plateformes extra-européennes, elle sera suspendue mercredi, alors qu’un droit de douane européen de 3 euros entrera le même jour en application.
Une taxe bien en dessous des recettes attendues
Le problème, c’est d’abord l’écart entre l’ambition et le résultat. À la mi-mai, le directeur général des Douanes, Florian Colas, évaluait le rendement du dispositif à 2,3 millions d’euros par mois. On est loin des 400 millions d’euros attendus sur l’ensemble de l’année 2026 dans le budget.
Cette contre-performance a pesé lourd. La taxe française devait rapporter et dissuader. Elle a surtout été évitée.
Pourquoi Paris stoppe la mesure dès mercredi
Mercredi, l’échelon européen prend la main. Un droit de douane de 3 euros par type d’article commandé sera appliqué sur le territoire de l’Union européenne. Au départ, ce nouveau prélèvement devait s’ajouter à la taxe française de 2 euros, soit un total de 5 euros par catégorie d’articles.
Le gouvernement a finalement changé de ligne. Le cabinet du ministre du Commerce, Serge Papin, explique que dans le cadre du marché unique, il n’y avait plus de raison de conserver une taxe strictement française en plus d’un dispositif européen lancé au même moment.
Le contournement par les voisins européens
Les plateformes visées, Shein, Temu ou encore AliExpress, ont trouvé une parade assez simple. Les marchandises arrivaient par avion dans d’autres pays européens, avant de rejoindre la France par la route.
Résultat, selon Florian Colas, il y a eu un déport de volume de l’ordre de 90 % depuis le 1er mars. Fin mars, Serge Papin jugeait encore ce contournement éphémère. Mais entre juillet et novembre, avec une taxation plus élevée que chez ses voisins, la France risquait surtout d’y perdre pendant que les colis continuaient d’arriver.
Ce que le gouvernement veut retenir de cet épisode
L’exécutif défend malgré tout l’utilité politique de la séquence. Le cabinet de Serge Papin assure que l’objectif était de pousser l’Europe à agir, et estime avoir obtenu ce qu’il cherchait.
Même lecture du côté du cabinet du ministre des Comptes publics, David Amiel, qui juge que la France a été pionnière. La taxe nationale devait, de toute façon, être remplacée en novembre par un mécanisme similaire mais entièrement européen. Cette fois, avec des règles alignées pour tout le marché unique.