Plus de 850 000 enseignants reprennent ce lundi dans un climat perturbé par la cyberattaque de l’été. Et la dernière rentrée du quinquennat Macron ravive les critiques.
En bref
- 850 000 enseignants font leur rentrée ce lundi
- Cyberattaque, outils encore dégradés à Toulouse et Nantes
- Syndicats et gouvernement s’opposent sur le bilan
Plus de 850 000 enseignants reprennent ce lundi 31 août 2026 pour la journée de pré-rentrée. La reprise a lieu partout, mais elle reste marquée par les suites de la cyberattaque de l’été contre l’Éducation nationale.
Une reprise massive, mais pas dans des conditions normales
Le vol de données a été constaté le 25 juillet et révélé le 31 juillet par le ministère de l’Éducation nationale. Puis, à la mi-août, des hackers ont affirmé détenir des données personnelles concernant plusieurs dizaines de milliers d’enseignants et d’élèves.
Résultat, plusieurs accès à des outils numériques ont été suspendus par précaution. Pour les chefs d’établissement, la préparation de la rentrée s’en est trouvée compliquée. Vendredi soir, le ministère a indiqué qu’un retour à la normale était engagé dans 28 des 30 académies.
Toulouse et Nantes encore au ralenti
Le point dur se situe surtout dans les académies de Toulouse et de Nantes, parmi les plus touchées. Sophie Vénétitay, du Snes-FSU, a prévenu que la rentrée allait s’y faire « dans des conditions très dégradées ».
À Toulouse, une enseignante a expliqué à l’AFP que les logiciels de gestion des données des élèves ne pouvaient plus être utilisés, notamment pour les inscriptions ou les radiations. Le ministère précise que les messageries et applications professionnelles y restent coupées jusqu’à nouvel ordre. Le recteur Karim Benmiloud attend un rétablissement complet d’ici environ deux semaines, avec une relance des ENT prévue le 7 septembre.
Les emplois du temps, eux, ne seraient pas affectés, mais ils seront remis aux élèves en version papier. À Nantes, seul un accès partiel aux messageries reste possible selon les appareils et les configurations. L’académie évoque un rétablissement progressif. Selon le Snes-FSU, certains élèves encore sans affectation pourraient devoir attendre la mi-septembre pour connaître leur établissement.
Une dernière rentrée sous procès politique
Cette rentrée est aussi la dernière du second quinquennat d’Emmanuel Macron. Et les syndicats en profitent pour dresser un bilan très dur. Pour le Snes-FSU, il est même catastrophique. Sophie Vénétitay estime que dix ans de politique menée sous Emmanuel Macron ont attaqué l’école dans sa mission et que beaucoup d’enseignants ont perdu le sens de leur métier.
Le malaise ressort aussi du dernier baromètre du SE-Unsa. Parmi quelque 43 000 répondants, seuls 0,3 % disent avoir confiance dans l’avenir du système éducatif. Le salaire reste leur première préoccupation.
Le gouvernement met en avant un recrutement en nette hausse
De son côté, le gouvernement insiste sur une amélioration du recrutement. Ce lundi sur France Inter, le ministre Édouard Geffray a assuré que les indicateurs étaient meilleurs que les années précédentes, avec des concours presque remplis grâce, notamment, à la réforme avançant le concours à bac+3.
Les chiffres avancés sont nets, 98,5 % des postes pourvus dans le premier degré, contre 92,1 % l’an dernier, et 96,1 % dans le second degré, contre 90,6 %. Mais les syndicats demandent de ne pas aller trop vite. Selon eux, cette amélioration est en partie faussée par la coexistence, cette année, des concours à bac+3 et à bac+5.