À moins de huit mois de la présidentielle, François Durvye quitte la campagne de Marine Le Pen. Un départ qui pèse sur le versant économique du RN.
En bref
- François Durvye quitte la campagne du RN
- Le départ tombe en pleine séquence Medef
- La ligne économique interne se crispe
À moins de huit mois de la présidentielle de 2027, le RN perd un de ses interlocuteurs les plus identifiés sur les questions économiques. Le départ de François Durvye intervient le jour du débat de Marine Le Pen à l’université d’été du Medef, à Paris, un moment où le parti cherche justement à convaincre les milieux d’affaires.
Un départ qui tombe mal pour le RN
Le calendrier pèse presque autant que la décision elle-même. Selon les informations rapportées par Le Figaro, François Durvye a choisi de ne pas participer à la campagne présidentielle de Marine Le Pen, pour ne pas défendre des positions auxquelles il ne croit pas.
Pour la candidate, la séquence est délicate. Ce départ surgit alors qu’elle doit parler économie devant un public patronal souvent méfiant à l’égard du Rassemblement national. Interrogée par BFM, Marine Le Pen a assuré, « Je l’ai souhaité donc je ne le déplore pas. Nous avons beaucoup de contacts avec les chefs d’entreprise et nous continuerons. »
François Durvye, homme de l’ombre de l’économie lepéniste
Pendant plus de cinq ans, François Durvye a travaillé comme conseiller économique discret mais central auprès de Marine Le Pen. Ce polytechnicien de 43 ans avait ensuite été nommé, le 1er avril dernier, conseiller spécial du président du parti, Jordan Bardella.
Son parcours comptait aussi un passage comme directeur général d’Otium Capital, le fonds d’investissement créé par Pierre-Édouard Stérin, milliardaire et mécène de l’extrême droite. Ce profil devait aider le parti à gagner en crédibilité économique. Clairement, c’était l’idée.
Sa mission, parler aux milieux d’affaires
Au sein du parti, sa feuille de route consistait à rassurer les chefs d’entreprise et à créer un lien entre le monde économique et le RN. Il apparaissait dans plusieurs rendez-vous sensibles, là où se teste la crédibilité d’un programme.
On le voyait notamment au club informel Entreprise et Cité avec Marine Le Pen, aux côtés de dirigeants comme Cyrille Bolloré, Bernard Arnault ou Patrick Pouyanné. Il accompagnait aussi Jordan Bardella lors du bureau exécutif du Medef.
Le désaccord de fond sur la ligne économique
Mais sa méthode a fini par coincer en interne. Elle était jugée trop « libérale », avec une approche où l’entreprise est vue comme un lieu de création de valeur et où la liberté d’entreprendre compte beaucoup.
Le point de friction semble s’être durci lorsqu’il a commencé à travailler sur une nouvelle réforme des retraites, dans laquelle toute mention d’âge aurait disparu. D’après les mêmes informations, François Durvye estimait que les réflexions économiques qu’il voulait porter n’avaient plus leur place dans une campagne désormais incarnée par Marine Le Pen. Résultat, le parti perd un passeur vers les patrons au moment précis où il tente encore de les convaincre.